Une poétique de l'hybride: Madame de Sévigné, épistolière ou diariste?

Madame de Sévigné's literary production is so closely linked to the French tradition of literary correspondence that it may appear absurd to regard it as not belonging fully to the epistolary genre. But the almost obsessive practice of the letter suggests that Madame de Sévigné deliberately exceeds the limits of the genre, leading us to believe that, as well as wishing to communicate her daily life to her daughter, she also wishes to create a hybrid form of personal writing, halfway between casual correspondence and a diary, the letter serving in this case as the first draft of a text in gestation, like a trampoline aimed at a textual universe that only exists as a possibility. A century before Rousseau explicitly formulated the pact that heralded the modern age of autobiography, Madame de Sévigné discreetly borrows the "I" of an "epistolary pact". Résumé. Le nom de Madame de Sévigné est si étroitement lié au genre épistolaire qu'il peut paraître absurde d'envisager son oeuvre autrement que sous la lorgnette de la communication par lettres. Mais différents facteurs montrent que la marquise, cédant à une véritable propension à se dire, fait basculer, plus ou moins consciemment, sa pratique scripturaire au sein du continent autobiographique, à mi-chemin entre la lettre et le journal intime. Un siècle avant la publication des Confessions, Madame de Sévigné oppose au tout dire poursuivi par Rousseau un tout écrire qui fait écho à l'individualisme littéraire naissant et jette les bases d'une rhétorique du moi bravant les frontières génériques.

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